Et si on osait la sieste au bureau ?

Le changement d’heure printanier met les organismes à rude épreuve. La perte d’une heure de sommeil occasionne de la fatigue et les problèmes de concentration chez de nombreux salariés. C’est l’occasion d’aborder le sujet de la sieste au travail. De nombreuses études montrent que cette pratique permet d’améliorer les performances des collaborateurs et la qualité de vie au travail. Elle reste pourtant encore mal perçue en France.

Fermer les yeux quelques minutes au bureau après le repas de midi, une idée farfelue ? Si la pratique de la sieste au travail en France est encore marginale, ses nombreux bienfaits ne sont pourtant plus à démontrer. Une sieste de 20 minutes permet aux salariés d’améliorer leur concentration et leur humeur. Elle favorise aussi une meilleure prévention des risques psycho-sociaux et d’accident du travail. Une étude de la Nasa indique même que fermer les yeux 20 – 30 minutes augmente la productivité de 35%.

 

Sieste au bureau

La sieste au bureau, encore marginale en France

Ces bénéfices sont aujourd’hui reconnus dans plusieurs pays. De nombreuses entreprises à travers le monde mettent en pratique la sieste au bureau comme un moyen d’améliorer la concentration et la productivité de leurs salariés. Au Japon, ce repos de la mi-journée est obligatoire dans de nombreuses entreprises. En Chine, elle est érigée en droit constitutionnel : « Tout salarié a droit à la sieste ». Les Américains sont adeptes du « power nap » – en français par « sieste éclair », tendance qui a gagné l’Allemagne, les pays scandinaves et d’autres pays européens.

En France, le sujet demeure cependant tabou. La sieste au travail reste associée à de la paresse dans le monde du travail. Dans son livre Apprendre à faire la sieste (éditions Trédaniel, 2009), le docteur Eric Mullens, somnologue, affirme : « Dans notre culture, la sieste est discréditée et considérée comme une perte de temps ». En 2013, une étude réalisée pour le cabinet Robert Half citée par Le Figaro dévoilait que 47% des directeurs ou responsables administratifs et financiers dans l’Hexagone sont plutôt favorables à l’instauration d’une sieste de moins de 20 minutes sur le lieu de travail, 17% trouvent la proposition acceptable, contre 36% qui la considèrent encore farfelue.

Pourtant, cette somnolence après le repas de midi est naturelle, d’autant plus dans une société où le manque de sommeil est courant. Selon l’INPES, 45% des Français estiment ne pas dormir suffisamment. Ce qui se ressent au travail : d’après l’Institut du sommeil et de la vigilance, 19% des salariés reconnaissent en effet s’assoupir ou s’endormir au travail. Les astuces pour s’endormir discrètement quelques minutes au bureau pullulent sur internet, reflet d’un besoin commun à beaucoup de travailleurs.

sieste bureau travail

Une idée qui commence à faire son chemin

Face à la multiplication des études qui démontrent l’intérêt de la sieste au travail, de plus en plus d’entreprises françaises sautent le pas et vont jusqu’à proposer des « siesteria », des espaces dédiés à la sieste à leurs salariés. Autre signe que les mentalités évoluent, certains espaces de coworking ont adopté des coins propices à ce moment de calme de la mi-journée.

Convaincus par la sieste au bureau ? Lors de l’aménagement ou de la rénovation des bureaux, il est tout à fait possible d’imaginer un espace dédié à ce moment de détente. Knight Frank, conseil en immobilier d’entreprise et spécialiste de l’aménagement de bureaux, vous accompagnera pour trouver les solutions adéquates.